
La culture provençale, d'humeur joyeuse et moqueuse, a produit de nombreuses chansons comme celle du Calignaire (l'amoureux) que voici :
Maire se sabias d'ounte vene, d'ounte vène !Maire se sabias d'ounte vene me batrias !
Vene de Touloun, de Touloun et de Marsiho,
Vène de Touloun, de dansa lou rigaudoun.
(Ma mère, si tu savais d'où je viens, tu me battrais !
Je viens de Toulon et de Marseille où j'ai dansé le rigaudon).
A propos du Rigaudon.
Refrain :
Avièu un calignaire, m'agradavo pas,
Aviéu lou nas de caire, sabié pas dansa.
Aquéu calignaire, m'agradavo gaire,
Aquéu calignaire m'agradavo pas.
(J'avais un amoureux qui ne me plaisait pas, il avait le nez tordu et ne savait pas danser (et ça, en Provence, c'est grave !!!). Cet amoureux ne me plaisait guère,
cet amoureux ne me plaisait pas).
Mais voilà, comme vous allez le voir, à Mareille et à Toulon, les prétendants son nombeux...
I'a li chivalié, de l'armado de l'armado,
I'a li chivalié, parlon d'amour voulountié.
L'espaso au coustat, bello mino, bello mino.
L'espaso au coustas, sabon se faire escouta.
(Il y a des chevaliers de l'armée qui parlent d'amour volontiers. L'épée au côté, de belle mine, ils savent se faire écouter).
I'a tant de marin, pèr la danso, pèr la danso.
I'a tant de marin pèr la danso plen d'entrin.
Rire que fai gau, cambo lèsto, cambo lèsto,
Rire que fai gau, cambo lèsto e pèd descaus.
(Il y a tant de marins, qui pour la danse sont plein d'entrain. Rire fait du bien, la jambe leste et le pied déchaussé). Bien que peu fortunés, les marins sont
joyeux !!!
I'a li gros marchand, li pistolo, li pistolo,
I'a li gros marchand, li pistolo e li diamant.
N'an si cofre plen, de coulano, de coulano,
N'an si cofre plen, de coulano e de pendent.
(Il y a les gros marchands, les pistoles et les diamants. Ils ont leurs coffres pleins de colliers et de boucles d'oreilles !). Là, la jeune fille se fait plus
intéressée...
Ah lou bèu païs, tout fai fèsto, tout fai fèsto,
Ah lou bèu païs, tout fai fèsto, tout ié ris.
Maire se voulias, vosto fiho, vosto fiho,
Maire se voulias, aqui la maridarias !
(Ah le beau pays, tout est fête et tout est joyeux ! Ma mère si vous vouliez, votre fille, là, vous la marieriez !). Sous entendu : au village, aucun garçon ne
fait l'affaire !!!