C'est une histoire d'amour qui se passe à une époque où les jeunes hommes savaient parler d'amour et où les jeunes filles étaient un peu
plus farouches (pour la forme...). Je vais vous la raconter...
O Magali, ma tant amado,
Mete la tèsto au fenestroun !
Escouto un pau aquesto aubado
De tambourin et de violun.
Es plen d'estello, aperamount
L'auro es toumbado,
Mai lis estello paliran,
Quan te veiran !
Oh, Magali, ma bien aimée, mets la tête à la fenêtre, écoute un peu cette aubade de tambourins et de violons. Le ciel est plein d'étoiles mais, les étoiles paliront quand elle te verront !
(Moi déjà, si on me parle comme ça, je viens dessuite. Mais bon, Magali, elle, elle va un peu résister, vous allez voir...).
Pas mai que dou murmur di broundo
De toun aubado iéu fau cas !
Mai iéu m'en vau dins la mar bloundo
Me faire anguielo de roucas.
Pas plus que du murmure du vent dans les branches, de ton aubade, je ne fais cas. Et je vais dans la mer blonde me faire anguille de
rocher. (La belle néglige les paroles de son amant et fuit : quoi de plus glissant qu'une anguille ! Mais, l'amoureux est coriace...).
O Magali ! se tu te fas
Lou pèis de l'oundo,
Ieu, lou pescaire me farai,
Te pescarai !
Oh, Magali, si tu te fais poisson, je me ferais alors pêcheur, et je te pêcherai. (Mais la belle trouve la parade :
).
Oh ! Mai, se tu te fas pescaire,
Ti vertoulet quand jitaras,
Ieu me farai l'aucèu voulaire,
M'envoularai dins li campas.
Si tu te fais pêcheur, je m'enfuirai et je me ferais l'oiseau rapide pour m'envoler dans les champs.
(Le prétendant, se fera évidemment chasseur ! Magali se fait alors, fleur de prairie, nuage pour fuir aux Amériques (!!!), rayon de soleil et nonne dans un couvent. Le "calignaire" (l'amoureux)
trouvant toujours la parade, la jeune fille veut se faire "la pauvre morte dans le suaire" pour lui fuir définitivement. Solution radicale à laquelle le jeune amoureux remédie en se faisant la
terre pour l'avoir finalement toute à lui !!!
Aro coumence enfin de crèire
Que noun me parles en risènt :
Vaqui moun aneloun de vèire
Pèr souvenènço, o bèu jouvènt !
Je commence maintenant à croire que tu ne te moques pas de moi. Voici mon anneau de verre (bijou modeste fréquemment porté par les
jeunes filles) pour te souvenir de moi.
(Enfin, la jeune femme cède devant l'acharnement du soupirant !).
O Magali me fas de bèn !
Mai, de te veire,
Ve lis estello, o Magali,
Coume an pali !
Oh, Magali, tu me réjouis ! Mais, de te voir, regarde les étoiles, Magali, comme elles ont pâli !
(Les étoiles palissent de voir Magali enfin paraître... où, plus simplement, ayant si longtemps traîné à recevoir positivement son amoureux, la lumière du jour est tout naturellement venue...
Mais, là, c'est mon mauvais esprit qui parle, ne retenez que la poésie de ce beau récit d'amour.) Paroles de Fréderic Mistral (1855) qui avait peu de connaissances musicales, ses
quelques chansons sont écrites sur des mélodies traditionnelles. Il s'inspira pour "Magali" de la chanson à métamorphoses "Margarido ma mio", qu'il mit en musique sur l'air de "Bonjour lou
roussignou" : il raconte avoir entendu chanter cet air par Jean Roussière, l'un des laboureurs de son père, au Mas du Juge, à Maillane.
BonjourPourriez vous me dire ou trouver un cd avec la chanson de Magali ainsi que de la coupe santo Ma niece Magali souhaiterait l'avoir pour son mariage.Merci Laurence
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Bonjour Laurence,<br />
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Je n'ai pas de référence en tête mais je peux faire des recherches. L'Académie du Tambourin d'Aix en Provence a édité un CD d'airs traditionnels provençaux : ce n'est, je crois, qu'instrumental<br />
mais cela fait un joli fond musical pour un mariage.<br />
Amitiés, Garibondy.<br />
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M
mounic
02/07/2009 23:26
ah! contente de voir que tu n'es pas fâchée!!!bisous bisous! mémé
je me réjouis de trouver ton blog sur celui de Maedes, car je le découvre avec grand plaisir! Bravo pour cet hommage à notre F.Mistral! Dans la chanson de Magali, je relève une petite faute (oui! je suis une vieille emmm...ne te fâche pas!) Dans le dernier couplet, c'est Oh Magali me FAS de ben( et non me feras de ben) essaie de le chanter, tu verras, celà ne "rime" pas.Ceci dit, je reviendrais, car les photos sont superbes et tes billets très bien faits!Et puis on parle ici de la Provence! j'y suis (un peu) chez moi! gros bisous de Mounic, la mémé du Var.
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Au contraire, dès que vous relevez une erreur dans mes articles, n'hésitez pas !!! Mes connaissances sont loin d'être complètes et j'essaie de les compléter au fil des rencontres, de ce que je vois<br />
ou que je peux lire. Si ce blog peut être un lieu d'échange et d'information (et je l'espère de détente) sur ce sujet qu'est la Provence et sa culture, alors, il ne sera pas inutile.<br />
Pleins de "poutun" Mémé Mounic !<br />
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M
Maedes
01/07/2009 00:58
Valse ou farandole?????J'ai vu la partoche... et Magali fut écrite en 6/8 assez vif.... Je me demande pourquoi on la chante toujours en valse...En tout cas, une jolie chanson! Merci et bisous. Maedes
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Alors, là, j'avoue être ignare en la question : n'ayant aucune notion de musique, je me repose sur tes connaissances. En même temps, le caractère provençal étant jovial, il n'est pas étonnant<br />
qu'une chanson, même, romantique soit chantée gaiement... L'aspect comique et la dérision ressortent souvent dans les paroles des chansons. La Pastorale Maurel en est un bon exemple : l'auteur a<br />
fait de la naissance du Christ une farce comique (qui s'assagit tout de même à la fin !!!). D'ailleurs, la Pastorale est un vaste sujet que je prendrais le temps de traiter... pour Noël.<br />
Bises, Garibondy.<br />
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