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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 09:30
     Sieste : Temps de repos pris au milieu de la journée, le plus souvent après le repas de midi. La plupart des mammifères dont l'homme ont été programmés génétiquement pour faire la sieste, en effet entre midi etvan-gogh-la-sieste15h, la fatigue apparaît, l'attention diminue, le besoin de dormir se fait sentir.
Le mot sieste vient de l'espagnol siesta, et celui-ci du latin sexta qui signifie « la sixième [heure du jour] ».
Source, Wikipedia.

    Le « pénéquet » c’est la sieste de chez nous. Un symbole de l'art de vivre en Provence, pratiqué aux heures les plus chaudes quand le soleil est trop fort pour pouvoir travailler et que le silence tombe sur les hommes et les bêtes (seules les cigales continuent leurs stridulations pour mieux nous bercer !!!).
Après un bon repas le corps demande la concentration de toute l'énergie possible pour réussir sa digestion, l'appel d'un petit « roupillon » se fait souvent sentir.

Van Gohg, Le repos de Moissonneurs, 1890, d'après une oeuvre de F. Millet.

    La pratique n’est bien sûr pas réservée aux habitants de la Provence : elle s’exerce différemment selon les cultures, le climat, les individus…

    Ce moment de repos est souvent réparateur et favorise la mémoire et la concentration pour le restant de la journée. Ce n'est donc pas de la flemme, c'est une pratique visant à maintenir la santé !!!
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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 10:30
dentelle fuseaux    C'est à l'occasion d'une démonstration de dentelle par une amie que la question de l'utilisation de la dentelle dans le costume provençal s'est posée : en ce qui concerne la fabrication, il n'y a pas de tradition dentelière en Provence. Elle n'y est d'ailleurs que peu utilisée dans le costume traditionnel.

    C'est encore sur les coiffes qu'elle trouvera le plus largement sa place : bien que les coiffes provençales n’atteignent pas le volume des coiffes bretonnes ou normandes, la « couqueto » marseillaise est tout de même d'une ampleur importante.
Les coiffes d’artisanes ou de bastidanes sont bordées d’une bande de dentelle légère, tuyautée ou non. Souvent étroite, à cause du prix, une bande de mousseline de coton ou un ruban de tulle permet de l'élargir visuellement. Pour les coiffes les plus riches sont utilisées de belles dentelles aux fuseaux de provenances diverses : Valenciennes, Malines, Binche… Les plus courantes sont bordées de dentelles imitant ces dernières et réalisées à Lille, Le Puy-en-Velay, Le Havre, Dieppe, Bayeux, Caen. Les dentelles pouvaient aussi être importées de Savoie ou des Flandres.
La dentelle peut également être présente dans le costume traditionnel provençal par fichus comme sur ce portrait d'arlésienne par A. Raspal de 1785 (Museon Arlaten).

Portrait d'Arlésienne – Antoine Raspal 1785-Museon Arlat
    Bien que l’on sache peu de choses sur une confection locale provençale, le Trésor Félibrige, de Frédéric Mistral, donnant le terme « couissin de damo » (coussin de dame) désignant le carreau, support de travail de la dentelière : on peut penser que nos aïeules ont pratiqué la dentelle au fuseau localement.

    Les particularités de la Provence dans le costume que sont l'utilisation des indiennes, ces tissus aux imprimés déjà très colorés et très décoratifs et les techniques du piqué et du boutis font peut-être que le décor que représente la dentelle n'y aurait plus trouvé sa place ?
Il en est de même pour la broderie qui parsème certains costumes régionaux comme en Bretagne ou en Alsace. Technique de la broderie que l'on trouve en Provence pour quelques fichus (rare) et fonds de coiffes, sous forme de festons pour les bords de chemises et de jupons.

mon fichu blanc 2-copie-1 Modèle de fichu en dentelle taillé dans une robe de baptême.

Finalement, nos dentelles les plus célèbres en Provence sont encore celles de Montmirail !!!
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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 09:48
cague en brailles
    Peut-être avez vous remarqué que ces derniers temps, les pantalons, chez les jeunes garçons, se porte très...très bas...


    Petites, notre mère nous appelait, ma soeur et moi, quand nous perdions un peu nos pantalons (ou culottes, shorts, maillots de bains gonflés d'eau au derrière...) : "cague en brailles" !


    Expression toute provençale qui m'est revenue en mémoire au vu de ces nouvelles tenues vestimentaires.
Aller, c'est la mode, ça leur passera !!!
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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 09:08
Daudet-Tartarin   
    Tartarin de Tarascon est un personnage de roman créé par Alphonse Daudet en 1872. L'auteur y décrit les aventures burlesques de Tartarin, « chef des chasseurs de casquettes de Tarascon », allé chasser le lion en Algérie...

Tartarin a un caractère naïf et crédule, et se fera souvent berner par divers personnages peu scrupuleux, tout au long de son voyage.

Mais, laissons Daudet lui-même décrire son héros :

"...de quarante à quarante-cinq ans, petit, gros, trapu, rougeaud, en bras de chemise, avec des caleçons de flanelle, une forte barbe courte et des yeux flamboyants ; d'une main il tenait un livre, de l'autre il brandissait une énorme pipe à couvercle de fer, et, tout en lisant je ne sais quel formidable récit de chasseurs de chevelures, il faisait, en avançant sa lèvre inférieure, une moue terrible, qui donnait à sa brave figure de petit rentier tarasconnais ce même caractère de férocité bonasse qui régnait dans toute la maison.
Cet homme, c'était Tartarin, Tartarin de Tarascon, l'intrépide, le grand, l'incomparable Tartarin de Tarascon."
Daudet-Tartarin-3Tartarin, illustré par le célèbre dessinateur Dubout.

    Ce personnage et son histoire furent inspirée à Daudet par son cousin Henri Reynaud, qui lui racontait ses voyages en Afrique, ainsi que par la vie de Jules Gérard, un varois, chasseur de lions en Algérie.

    Personnage haut en couleurs, Tartarin se fait remarquer dans les salons des notables de la ville en racontant, avec sa "tchatche" toute provençale, des chasses aux lions... imaginaires.
Enfant, il rêvait déjà d'expéditions, lisait des livres de voyages et était passionné de chasse. Bavard, vantard et croyant à ses mensonges, il se fait une réputation de grand chasseur dans toute la ville. Dans les collines entourant Tarascon, le gibier se faisant rare, Tartarin décida de s'attaquer à un gibier digne de lui : le lion ! Poussé par les bourgeois de la ville à partir pour une chasse au lion bien réelle, le héros prend le départ pour l'Afrique où il vécut de périlleuses (et peu glorieuses) aventures : son tableau de chasse se résumera à un lion… vieux, aveugle et apprivoisé !

Berné, meurtri et atteint au pus profond de sa dignité, Tartarin parviendra pourtant à revenir de son périple africain à Tarascon. Racontant des exploits extraordinaires qu'il n'avait pas vécu et, une dernière méprise aidant, il finira par être porté en triomphe et adulé par la population.

tartarin groupe
    Cette caricature du tempérament fanfaron méridional par Daudet fut mal acceptée par les provençaux lors de la parution du roman. Elle a pourtant rendu célèbre la ville. Finalement, Tartarin devint familier des Tarasconnais, qui, sans rancune, lui ont fait une place au sein du défilé de la Tarasque (photo du site de la ville de Tarascon).

Description du jardin de Tartarin dans le roman de Daudet :

    " ô le jardin de Tartarin, il n'y en avait pas deux comme celui-là en Europe. Pas un arbre du pays, pas une fleur de France ; rien que des plantes exotiques, des gommiers, des calebassiers, des cotonniers, des cocotiers, des manguiers, des bananiers, des palmiers, un baobab, des nopals, des cactus, des figuiers de Barbarie, à se croire en pleine Afrique centrale, à dix mille lieues de Tarascon.
Tout cela, bien entendu, n'était pas de grandeur naturelle ; ainsi les cocotiers n'étaient guère plus gros que des betteraves, et le baobab (arbre géant, arbor gigantea) tenait à l'aise dans un pot de réséda ; mais c'est égal ! pour Tarascon, c'était déjà bien joli, et les personnes de la ville, admises le dimanche à l'honneur de contempler le baobab de Tartarin, s'en retournaient pleines d'admiration... »

tartarin-affiche- Plusieurs films furent tirés de ce roman: le tout premier est un court métrage de Georges Méliès, en 1908 !
- Un petit musée, l’Espace Tartarin, lui est même dédié : installé à Tarascon, dans le cloître des Cordeliers, y sont présentées des reconstitutions de scènes du roman.

Personnage universel, nous avons tout autour de nous des "Tartarin". Et parfois, reconnaissons-le aussi, n'avons nous pas un peu de Tartarin en nous !!!
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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 08:52
    Une de mes amies étant sur le point d'accoucher, je profite de l'occasion pour lui préparer le petit panier que l'on offrait autrefois aux mamans après la naissance de leur petit.
La tradition voulait que les personnes venant voir le bébé lui offrent des présents suivants : du pain, du sel, une allumette, un œuf et du miel...

voeux bébé
Ces présents symbolisent les vœux suivants :

- Que siègue bon coume dou pan (qu'il soit bon comme du pain).
- Que siègue san coume la sau (qu'il soit sain comme le sel, symbole de santé).
- Que siègue dre coume uno brouqueto (qu'il soit droit comme une allumette).
- Que siègue plèn coume un ioù (qu'il soit plein comme un œuf, qu'il ne manque jamais de rien).
- Que siègue dous coume lou mèu (qu'il soit doux comme le miel).

(En plus, j'ai rajouté une petite couverture toute moelleuse en polaire et son doudou assorti... ça, c'est pas dans la tradition mais par les temps qui courent, ça protège du froid !!!).

Une très belle scène grandeur nature représentant "la visite à l'accouchée" est visible au Museon Arlaten, en Arles.
Museon Arlaten
Alors, bienvenue Bébé, que ta vie soit douce et sois sage avec ta maman qui est si gentille...

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 09:59
Apt plat
    Si tout le monde connaît les très célèbres productions potières et faïencières de Moustiers au décor caractéristique, Aubagne qui a développé l’art du santon, Marseille et ses semis de fleurs, Vallauris avec sa poterie culinaire, la très belle production d’Apt est trop souvent méconnue.

    Déjà, bien avant l’arrivée des Romains dans notre région, les peuples indigènes connaissaient les qualités du sol pour la production potière. La composition des argiles d’Apt est riche en kaolin, en oxyde de fer et en chaux.
Après son extraction, la terre va subit un broyage puis être tamisée pour en enlever les impuretés et mise à « pourrir » (afin d’éliminer les végétaux, elle est stockée 6 mois dans une cave à une température de 10°).

La palette de couleurs est variée : du jaune pâle en passant par l’ocre au brun.

Apt ecuelleEcuelle à bouillon, fin XVIIIe, coll. particulière.

Cette production utilitaire (soupières, plats...) mais aussi décorative (vases, cache-pots, statuettes, santons…) va suivre les modes décoratives : style Louis XV rocaille, dépouillement du Directoire, style Empire...
Mais, la grande caractéristique de la Faïence d'Apt est sa pâte marbrée, jaspée. Souvent, des motifs en relief sont rajoutés à la forme de base : personnages, fleurs, fruits.

apt bonbonnièreBonbonnière jaspée bleue à décor de rameaux d'oliviers.

Certaines pièces pouvaient être signées comme un exemple de vase portant la mention : «A Castellet par moi, César Moulin, fils ».

Apt statuetteStatuette, XVIIIe, Musée d'Apt.

    La grande période de fabrication a réelement débuté à Castellet, non loin d'Apt, au début du XVIIIe siècle avec une première génération de potiers : les Moulin. Elle s'est ensuite développée à Apt et a été florissante durant le XIXe siècle. Mais, la tradition s'est maintenue et la création actuelle est encore de nos jours très riche.

Apt service 2         Apt service
Service conteporain composé d'un plateau de présentation et de sept coupelles.

Source documentaire :
- M. Dumas, Les faïences d'Apt et de Castellet, Edisud; 1990.
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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 10:11
cordelles dessin   
    La danse des Cordelles
est actuellement une danse artisanale illustrant le métier de cordelier. Cette forme de danse se retrouve dans d'autres régions de France et dans de nombreuses cultures du monde (Mexique, Italie, Amérique du Nord...).

Une nombre pair de danseurs tient dans ses mains un ruban relié à un mat au centre de la ronde. Les danseurs exécutent une "chaîne des dames" tressant ainsi les rubans autour du mât. Le mat peut être fixé au sol par un support, être tenu par un porteur. Pour les groupes les plus forts, le mat peut ne pas être tenu du tout au sol et seule la tension qui doit être parfaitement maintenue par les danseurs par le biais de leur rubans retient le mât debout et bien droit.

D'une valeur symbolique évidente, le mât central est une sorte d'axe du monde reliant ciel et terre et soutenant le ciel comme les arbres sacrés connus partout dans le monde.

Je vous invite à visiter le site d'un santonnier aux créations particulièrement originales dont celle-ci sur le thème des Cordelles : Santons Dankev.

Santons-Dankev-Cordelles
    Ce mythe préhistorique dérive du mythe de l'arbre cosmique. De nombreuses religions étant basées sur le concept qu'une faute humaine aurait interrompu la libre circulation entre ciel, terre et enfer, il se forma la notion d'un arbre placé au centre du monde, dont le feuillage, en se répandant dans le ciel et les racines en enfer relierait entre-elles ces trois régions. L'arbre ou un simple mât serait ainsi capable de se projeter magiquement au centre du monde pour faire monter au ciel, prières et offrandes et recevoir les forces bénéfiques du ciel. Cette union entre la terre et le ciel étant symbolisée par l'arc-en-ciel, on surmonta l'axe du monde par des rubans multicolores le représentant.
Ces idées anciennes s'étant perdues dans le temps, avec la création des corporations de métiers au Moyen-Age, on cru qu'il s'agissait d'une danse imitative du métier de cordelier, on lui adapta des paroles sur le tressage de la corde qu'on se contentait de faire et de défaire...

Chant des cordelles  (couplet des garçons) :

"Sian de jouine courdelié,
Fasen de couredello.
N'i a pas de pu bèu mestié,
De vido tant bello.
Dins nosto boutigo vèn,
De touto sorto de gènt,
Li recebèn bèn
Touto li pratico,
Dins nosto boutigo"

Les danses des Fileuses, des Tisserands et des Jardinières ont elles-aussi les mêmes origines aux symboliques ancestrales.
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 10:21
Thoronet cloitre
        Ce n'est pas une belle légende que je vais vous raconter là car celles que l'on appelle les trois soeurs de Provence sont en fait les abbayes romanes de Sénanque, du Thoronet et de Silvacane.
Toutes trois sont conçues selon la règle de l'ordre de Cîteaux qui prônait la pauvreté matérielle et la simplicité de vie. Le quotidien dans ces lieux de vie communautaires était tourné vers le travail et la méditation.
Tout ce qui était nécessaire à la vie quotidienne se trouvait sur place : dortoirs, cuisine, celliers, potager, réfectoire, cloître de promenade, infirmerie, chambres réservées aux hôtes de passage, bibliothèque (armarium), chauffoir (seule pièce chauffée du monastère !) et bien sûr, l'église elle-même, centre autour duquel tout s'organisait.

    Ce qui vient à l'esprit en premier lors de leur viste est le sentiment d'harmonie et de pureté qui règnent dans ces édifices. Cela provient du fait qu'elles sont construites à partir des notions de simplicité et de dépouillement.


« Il n’est de vertu plus indispensable à nous tous que celle de l’humble simplicité », Saint Bernard de Cîteaux.

    Inspiré par Saint Bernard, le mouvement cistercien prônait un idéal ascétique et la règle bénédictine primitive était observée dans ces établissements avec rigueur : isolement, pauvreté, simplicité, seules voies pouvant mener à la béatitude. Les conditions de vie des cisterciens sont donc très dures : les offices, la prière, les lectures pieuses alternent avec les travaux manuels, le temps de repos ne dépassant pas sept heures (le premier office avait lieu à 2 h du matin, le second à l'aube). Les repas frugaux sont pris en silence, les moines  se reposent dans un dortoir commun dépourvu du moindre confort.
L'absence quasi totale de décor était destinée à ne pas détourner les moines de leur méditation...


Thoronet ext 1Thoronet ext 2


- Le Thoronet, dans le Var :


Edifiée entre 1160 et 1230, elle fut érigée à l'initiative de l'abbé Foulques devenu abbé du Thoronet avant d’être évêque de Toulouse. Elle n'est plus occupée mais a été entretenue et restaurée et peut se visiter actuellement. Bien que située à seulement quelques kilomètres de l'autoroute, quand on s'y trouve, on se sent hors du temps...





Thoronet dortoirLe Thoronet, dortoir.

eglisethoronet
Le trois baies ouvertes dans l'abside symbolisent la Sainte trinité.

Senanque-gordes
- Notre Dame de Sénanque, dans le Vaucluse :


    Fondée en 1148 par Alphant, évêque de Cavaillon, elle devient une dépendance de l'abbaye de Lérins, au large de cannes. Elle est encore occupée actuellement par une communauté de moines cisterciens.
Le cadre verdoyant dans lequel elle se situe est ponctué de champs de lavande.
Gordes et le village des bories à proximité... Un paradis !



Senanque cloitreSénanque, galerie du cloître.

Silvacane- Abbaye de Silvacane dans les Bouches-du-Rhône :

    Située sur la commune de La Roque-d'Anthéron, elle a été fondée en 1144 par Bernard de Clairvaux.

Elle doit son nom à son site d'implantation marécageux en bordure de la Durance et rempli de roseaux ("Silva Cana" = forêt de roseaux). L’église fût construite de 1175 à 1230. Après la Révolution, les bâtiments sont laissés à l'abandon. Ils furent vendus comme bien national et transformés en ferme. Rachetés par l'État en 1949, ils ont été depuis restaurés.

Silvacane planPlan type d'une abbaye avec l'église, ses quatres galeries du cloître desservant les bâtiments annexes.

Toutes trois se visitent (l'été, de préférence, il y règne une fraîcheur reposante)...
Photos en NB, Papa, Sources : Wikipédia.
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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 10:10
Pour, Franck, un ami blogeur qui est en peine, voici un petit rayon de soleil d'un petit jardin du Var...

tournesol

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 13:30
Savoie blason         Loin de notre belle région, lors de mon petit séjour en Savoie, j'ai pensé à vous et en ai pofité pour vous ramener quelques informations sur les très beaux costumes traditionnels savoyards.
Savoie fresque

    La Savoie, par son relief de sommets et de vallées rendant plus difficiles la communication et la circulation entre villes et villages a développé des costumes d'une grande variété de formes. Formes qui ont évolué et perduré plus longtemps que dans les grandes villes. Cette notion vaut bien sûr pour de nombreuses régions.

Voici quelques extraits d'une lettre envoyée en 1898 par une jeune fille de Maurienne à sa cousine :

    "Chère Cousine,

Tu te souviens encore de la curiosité avec laquelle j'ai été regardée à Chambéry, en ta compagnie (...). Après m'avoir fait endosser le costume léger et élégant qui te vas si bien m'as-tu engagée à l'adopter bientôt. Mon accoutrement, comme celui de mes frères, paraît étrange, peut-être grotesque à celui qui n'en connait pas les multiples raisons d'être. La plupart de nos hardes sont nos ouvrages. C'est nous qui filons la laine et le chanvre durant les longues veillées d'hiver, qui tricotons bas et dentelles, qui coupons, cousons, lavons et repassons le linge (...). Nous devons savoir tout faire, travailler beaucoup, dépenser très peu, être un secours et non une charge pour nos familles pauvres (à faire lire à nos ados actuels !!!). Nous n'avons pas le temps de suivre les variations et les caprices continuels des modes parisiennes (...). Sans doute, Elisa, ta robe et ta jupe blanche pèsent moins que ma robe de gros drap, mais elles sont faites pour être portées dans les rues et les promenades d'une ville. Qu'en resterait-il après avoir traversé les rocailles broussailleuses de localités plus accidentées ?
savoie costumeMa robe solide ne craint pas les accrocs, et je la porte au moins quatre ou cinq ans, au lieu que vous en changez à chaque saison. Si je dois m'assoir sur les pierres froides, sur la terre humide, les plis de ma robe me servent de siège. C'est pourquoi elle a été portée par vingt générations successives de villageoises abritées contre le froid et la chaleur, tandis que les citadines rebutaient tour à tour la crinoline, la tournure, la traîne, etc., plus incommodes que nos plis flottants.
Notre tablier montre que nous ne sommes pas seulement les compagnes, mais aussi les aides actives, indispensables des hommes (euh... ça, par contre, on évite de la faire lire à nos maris !!!). Une large ceinture (...) entoure notre taille sans la comprimer comme le ferait le corset proscrit par les médecins. (...) le mouchoir de cou, croisé sur notre poitrine, en dissimule la forme. La pudeur empêche la Mauriennaise se se décolleter (...) comme une actrice, une fille de joie (!!!). Elle réserve d'agréables (ou désagréables !) surprises à son jeune époux (...). Notre unique bijoux est notre croix d'or ou d'argent (...). Pourquoi répudierai-je, comme une vile renégate, l'habillement que notre aîeule a honoré quatre-vingt ans, en accomplissant avec courage tous ses devoirs de jeune fille, d'épouse, de mère (...). A moi son costume antique, tant que j'habiterai le toit de mes pères (...).
Puisses-tu n'être point blessée, dans cette épître par ta tendre et fidèle amie, ta cousine dévouée.
V. E."
   
    Cette réflexion (expimée en un parfait français !) m'a paru tellement universelle et valable pour nombre de costumes traditionnels avec leur histoire, leur origine que j'ai trouvé intéressant de la partager avec tous ceux qui s'interressent aux costumes traditonnels.

savoie frontière 2En Savoie comme ailleurs, souvent, c'est dans les tenues féminines et surtout à travers les coiffes que la créativité s'est développée.
Bien que la coiffe "frontière" soit la plus connue, elle n'est pas une généralité en Savoie et n'était portée que dans les vallées frontalières (d'où son nom). Dans le reste de la Savoie étaient portés bonnets, béguines, berres et autres coiffes noires ou blanches ornées de rubans colorés, rangs de dentelles tuyautées, tulle, fleurs et perles.

La robe et les jupes sont le plus souvent de lainage de couleur noire brune ou bleu foncé. La jupe est plissée de plis canons sur l'arrière afin de donner l'ampleur et parfois, un plissé de tissus bleu rapporté appelé apponsures vient se greffer à l'arrière de la jupe. Le bas des robes et jupes est agrémenté de rubans de velours et plis baigneuses.
La couleur dans le costume est donnée par le châle, équivalent de notre fichu provençal. Il est en soie colorée uniesavoie modestie ou brochée et est agrémenté de riches broderies et longues franges. Le tablier en soie ou en coton, noir ou de couleur, est lui aussi le support de broderies, dentelles et galons.

Par devant, un plastron de dentelle plissée vient garnir le buste : il est appelé modestie...


Dans certaines vallées (l'Arvan), les femmes portent de larges ceintures colorées attachées par une multitude de chaînettes qu'elles fabriquent elles-mêmes : un étonnant travail de patience à confectionner puis à attacher !!!

savoie croixLe bijou le plus fréquent est la croix jeannette que nous portons aussi en Provence.
savoie coeurEn argent ou en or, elle est plus ou moins travaillée et est accompagnée du coulant en forme de coeur symbolisant la foi et la fidélité.

savoie boucle
Il existe une forme de boucles d'oreilles particulière à la Savoie en forme de créole à dents et pendeloques.

savoie tisserande   
Sources documentaires :

- D. Dequier, F. Isler, Costumes de fête en Savoie, Libris, 2002.
- Musée du Costume de Bourg-St-Maurice.
- Musée des Bijoux Savoyards à Séez.
- Ecomusée du Costume savoyard à Sévrier.
- Musée des costumes et des traditions de St Jean de Maurienne.
Je ne peux citer ici tous les nombreux musées d'arts et traditions populaires locaux qui ont le mérite d'exister et qui sont toujours animés par des passionnés. N'hésitez pas à allez les visiter dès que vous en avez l'occasion.
Il existe également en savoie de nombreux groupes de maintenance du costume dont le groupe lou folaton de Passy.
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