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2 juin 2009 2 02 /06 /juin /2009 10:11
        Notre battoir va enfin prendre du service, aujourd'hui, c'est la bugado. Si le petit linge était lavé fréquemment, la bugade était la grande lessive faite traditionellement deux fois par an, une fois à la fin de l'automne, avant Noël et une seconde fois, un peu avant Pâques.

Ce travail pénible (surtout en hiver) se déroulait sur trois jours :

Le premier jour, le linge était d'abord prélavé : les bugadières à genoux dans des caisses garnies de paille, battaient le linge le plus sale pour le laver grossièrement au savon de Marseille. Le linge le moins sale était mouillé.


        Puis, dans une grande cuve (tinèu, bugadoun) en bois ou en zinc, on entassait le linge selon un ordre précis : draps de lin au fond, chemises et linge de corps plus fin sur le dessus (uniquement du linge blanc). Le tout était recouvert d’un tissu de protection (flourié) sur lequel des cendres tamisées étaient déposées. On versait ensuite sur le tout de l’eau de plus en plus chaude qui ressortait par un trou, au fond de la cuve. Celle-ci était de nouveau réchauffée et versée à plusieurs reprises sur le linge et les cendres.
Ce "lessif", passant au travers du linge, enlevait la saleté. Il était récupéré dans un récipient sous le trou en partie bouché par un morceau de tissu pour éviter que le liquide coule trop fort. Au fur et à mesure le lessif se chargeait des souillures du linge. Il est étonnant de voir à quel point ce liquide est doux au toucher : un véritable adoucissant naturel.
On laissait ensuite le linge reforidir.



Le lendemain, on procédait au rinçage. Les bassines de linge, chargées sur des charettes étaient menées au lavoir ou à la rivière pour être rincé à l'eau froide et battu (bacelé) puis essoré.

Les draps et chemises étaient ensuite mis à sécher, étalés sur des buissons, dans les prés, sur des tréteaux ou les galets des rivières. Le linge, une fois sec, était repassé, plié et rangé dans les armoires tapissées de tissus de protection (le bois jaunit le linge !) et parfumé de sachets et fuseaux de lavande.
Durant la semaine Sainte, la maison était récurée du sol au plafond, mais, il n'était pas de mise de faire la lessive à ce moment là pour ne pas attirer le malheur sur le foyer.



    Tout cela donne envie de blancheur et de fraîcheur printanière. Mais, pour l'instant, je vais préparer un petit article dans la suite logique de celui-ci, sur le thème du repassage et de l'amidonnage.

 

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commentaires

Maedes 18/06/2009 14:20

Quelles jolies photos! Mes grand-mères m'on beaucoup parlé de ces lessives en plein air et je me souviens aussi des "lessiveuses" en zinc dans lesquelles on faisait bouillir le "blanc" sur une vieille cuisinière  dans la buanderie...... elles avaient  au centre un tuyau terminé en  bouche d'arrosoir et l'eau en bouillant aspergeait la surface du linge..... On n'utilisait pas de la cendre comme autrefois mais de la lessive ou peut être des copeaux de savon de Marseille..... Tiens, je me sens vieille tout à coup ! Tu sais qu'ici les machines à laver sont encore rares..... et celles qui sont utilisées sont encore souvent semi-automatiques....

garibondy 19/06/2009 08:57


Pour ne pas se sentir vieux, peut-être ne faudrait-il pas s'inscrire dans une époque précise mais piocher ce qui a de bon dans toutes les expériences de nos prédécesseurs et les mixer avec les
avancées techniques contemporaines (houlala, c'est l'influence des épreuves du bac de philo qui me submerge d'un coup !)


Bonjour !

Bonjour ami visiteur de mon "blog". Sois le bienvenu !

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